QUAND NOUS NE SERONS PLUS…

a marée basse  gris ardoiseMa vie à marée basse
Qui regarde l’horizon
Repoussé
Par les doutes qui passent
Comme d’éternels poisons.cople n&b myfotolog tumblMon amour,
Quand nous ne serons plus
Que ces morceaux de bois flotté
Que l’on voit sur les plages
Échoués
Blancs, livides, évidés
De ce qui fut l’amour
Gisants, abandonnés,
Ventrus
Repus d’âmes perduesbois flotté coeur PinterestQuand nous ne serons plus
Que ce bruit immatériel
Ce murmure incessant
Que nul ne peut saisir
Il est déjà parti…
Je te parle du ressac
Du flux et du reflux
Des marées éternelles.a écume

Alors que serons nous ?

Cette palpitation ?
De la mer, du ciel
Et de nos coeurs éteints ;
Cet envol fragile
Qui se meurt sous l’écume

Vers l’éternité

Vers l’oubli…

Photo Aifelle - clic

Photo Aifelle – clic

©Asphodèle-2014

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SI TU LE VEUX…

gif oiseau flaque ana-rosaJe t’apprendrai à marcher
contre le vent
à courir sous  la pluie
à sauter dans les flaques
En riant.IMG_1534

Je t’apprendrai les ciels
ombrageux de mon île,
les nuages qui arrivent
sans prévenir
et donnent des claques
au soleil qui ici,
n’est pas roi !IMG_1513

Je t’apprendrai ces couleurs
d’ardoise et d’anthracite,
cette  palette de gris
les plus beaux quand
ils se piquent
d’ombres fauves
au crépuscule
ou d’émeraude sombre,
quand ils plongent
la tête
sous les vagues.epave hearts-of-glass tumb

Je t’apprendrai les tempêtes
c’est dans ces moments-là
que le coeur se soulève
s’égare se perd
et retrouve enfin
le chemin
de l’âme.fille ponton mer grise velvetinabat tumblrÔ les tempêtes….

©Asphodèle

VOILURES…

Et un jour, ils s’en vont les bateaux…navire brume hampshire
A marée haute, les fonds de cale emplis de souvenirs de terre, d’amours de femmes embrassées avec fougue. Pour qu’elles n’oublient pas ces baisers d’au-revoir quand ils seront allés et qu’il fera tard la nuit dans les grands lits froids
d’absence

qui s’éternise…
Elles ont agité la main longtemps, là-bas sur les quais déjà brumeux de l’automne à venir. S’en sont retournées au logis d’un pas lent, comme celui de ceux qui
montent à l’échafaud.
Elles savent que dans l’âtre, sous le feu qui s’éteint, c’est l’attente qu’elles vont attiser. Elles auront beau souffler sur les braises, raconter des histoires aux enfants pour passer le temps, elles savent déjà
le corps qui se replie sur le désir,
La petite voix qui leur dit « pas avant six mois ma petite »…

Elles guetteront le facteur qui sonne drelin drelin la cloche sur sa bicyclette
quand arrive une lettre.
Alors elles sortent échevelées, en robe de nuit parfois, elles tendent leurs mains affolées vers l’enveloppe bariolée de timbres chamarrés avec des noms exotiques dans le tampon qui fait un rond, souvent plusieurs
pour indiquer la ville d’expédition.
Ils ne disent jamais grand-chose pourtant les Vincent, Gilles ou Gaétan qui sont partis aux antipodes, aux colonies ou plus loin quand ils ont la maison à payer…
Ils reviendront les poches pleines, des cadeaux dans les mains pour celles qui ont attendu et ne demandent jamais s’ils ont été fidèles
Question taboue.
Réponse muette
pour ne pas mentir.
Les premiers voyages, quand ils en reviennent, ils parlent, ils parlent sans s’arrêter. Elles pourraient presque sentir le goût des épices sur leur langue tant ils mettent de coeur à donner le moindre détail de ce
qu’ils ont vu, senti, aimé…
Elles écoutent, rassurées par ces grands discours
envahis d’ailleurs,
un ailleurs qui ne leur a rien pris, qui a rendu leur homme
meilleur.
Elles ne voient pas,
pas encore,
cette eau bleue qui stagne en rebord de leurs yeux
derrière le regard franc…
Elles ne voient pas
Cet angle mort
où se glissent les mensonges
qu’ils taisent
pour ne pas qu’elles souffrent….

©Asphodèle

ET SE RELEVER…

pluie fille de dos tableau vanishingintocloudsDes mots de pluie sur tes lèvres
Blessées.
Coupants comme les rasoirs
Qui lacèrent les amours
De rancoeurs accumulées,
De non-dits qui en  ont trop dit
Ou pas assez
Dans leur silence de sable…
Et moi, croyant me protéger,
J’ai roulé sous la vague,

Projetée contre contre les rochers
Sonnée de tant de hargne
Qui sert à piétiner
Ce que l’on a tant aimé.

C’est donc ainsi
Que finissent les amours ?
Le cri des hyènes
Dans l’air du soir
Rejoint la plainte des chiennes
Abandonnées.

Et moi, femme
Brisée mais encore debout
Parmi les ruines
Je n’implore ni Dieu
Ni personne, je sais déjà
Que seul l’écho du silence

Me répondra de sa voix muette…

©Asphodèle

Un certain silence…

statue lylouanneDormir sur mes larmes
Pour qu’elles sèchent
Dans mon sommeil.

Dormir sur les orages
Qui m’empêchent
De boire du soleil.

Dormir dans  la tempête
Au milieu du fracas,
Ne plus être là
Pour personne.
Coeur en fête
de pacotille…
Qui détonne
Qui écorne
Les pages sombres
Que je tourne
Sans me retourner.

Dormir pour oublier
Que demain au réveil
Tu seras là, encore
Et encore,

Inoublié.coeur bijou _ google

©Asphodèle

C’était hier soir…

lylouanne-tumblr-chaise-en-robe.jpgMa robe abandonnée sur le dos de la chaise pèse léger. Voile du jupon, blancheur du coton. Elle me chuchote qu’hier tu me l’as enlevée. Doucement. En remontant, en enroulant tes jambes entre les miennes.

On entendait le bourdonnement d’une guêpe perdue derrière les volets clos. Je me souviens, j’ai bu à tes lèvres ce qu’il restait d’eau. Soif de l’amour. Tu t’es amusé à habiller la chaise et tu m’as allongée sur le grand lit aux draps blancs. Un peu rêches…du lin sûrement…

Nous nous sommes évanouis ensemble dans ce sommeil profond qui surprend les amants.

Ce matin, au réveil, là… ma robe sur la chaise qui pose, royale de blancheur,
et toi qui recommence…

©Asphodèle

NE MARCHE PAS SUR MON COEUR.

 

coeur coquillages sur FB

Assise sur un rocher
plus plat que les autres,
indifférentes aux brisures
d’écume
qui me fouettent le visage,
je viens de déposer mon coeur
entre un bigorneau et une algue pleurante.

Il est encore rouge, palpitant
il est le gardien
de mes joies et de mes larmes
témoin d’années de vie
à battre la chamade
et courir la campagne.

Alors s’il te plaît
quand tu viendras
je sais que tu viendras
Ne marche pas dessus,
ne l’écrase pas sous ton pas
indifférent.
Il parle aussi de toi.

©Asphodèleforever manuscrit vanishing

AUTRE VERSION (commencée et abandonnée, je le livre tel que sur le brouillon du carnet)

Ne marche pas sur mon coeur
N’y dépose plus tes pleurs
Ni tes cris,
C’est toi qui est parti.
Respecte ma douleur
Oublieuse des heures
Passées à t’attendre.
Des heures de malheur,
Un temps à se pendre.

Ne marche pas sur mon âme
N’approche plus des flammes
Qui brûlent encore
Quelques bûches pour l’espoir,
Pour oublier l’au-revoir
Laissé sur papier glacé,
Une lettre signée
Du sceau des défaites.

Ne marche pas…
N’entre plus…
Disparais !
A jamais.

©Asphodèle