Aujourd’hui, hommes et femmes – 260/366 réels

Photo Willy Ronis - 1954

Photo Willy Ronis – 1954

J’aurais tendance à mettre cela au singulier et tout de suite c’est l’air de ♫chabadabada♪chabadabada♫ qui me monte aux lèvres. Sauf que, au pluriel ce serait plutôt la cacophonie car si nous naissons tous « libres et égaux en droit », il semblerait que le sexisme brouille les codes amoureux de même que le féminisme à l’extrême a séparé (une génération paraît-il) les hommes des femmes par des assertions trop radicales et impossibles à se jouer dans la réalité. En grammaire, le masculin domine alors même qu’il n’y a qu’un élément de ce genre dans une phrase de plusieurs « féminins »… Même sur l’iPhone, la fonction vocale nommée Siri met tout au masculin. Aujourd’hui, un article éloquent sur Inter « Les villes sont elles faites pour et par les hommes » ? Il reste du chemin à faire pour qu’hommes et femmes se sentent sur un pied d’égalité et se rejoignent au lieu de s’affronter sans cesse. Peut-être commencer par l’éducation des hommes et femmes en devenir… ♪chabadabada♫…

©Asphodèle – 9 novembre 2015, 17h25.

Moins de 100 mots : Ho, plus de 150 mais bon fallait pas me lancer sur le sujet !
Sur le vif : à vif même !
Éléments en accord avec le réel : oui, tous les jours !

Aujourd’hui, une fleur – 257/366 réels.

coquelicot de bitume au cimetièreFleur, un mot presque effacé qui rime avec bonheur ou malheur. Il en est des fleurs des champs comme de celles nées du bitume : elles ont le charme offert des larges décolletés aux rebords de dentelle. Du timide bleuet au lys arrogant en passant par la reine rose, la fleur contient la douceur des baisers volés,
la poésie des soirs d’été
et parfois…parfois s’envole
Au-dessus des corolles
Un envoûtant parfum d’interdit…
Aujourd’hui, je vous offre le dernier bouton de mes roses d’octobre,
une inespérée fleur de novembre qui ne soit pas un chrysantème…IMG_1625©Asphodèle – 6 novembre 2015 – 16h46

Moins de 100 mots : 93
Sur le vif :oui
Éléments en accord avec le réel :oui

Aujourd’hui, dans l’actualité – 256/366

a vache téléramaDe quelle actualité est-il question, car si je fais une revue de presse, il va falloir plus de 100 mots, déjà que j’ai tendance à… Je fais donc l’impasse sur celle qui se déverse dans nos oreilles encore pleines de rêves juste après le réveil et leur horde de catastrophes. Course à l’Audimat. Presse qui en rajoute avec les people et leurs divorces (bien sûr, ou les mariages qui font grincer des dents).

Tiens, si on leur demandait, une fois, rien qu’une fois à tous ces « rédacteurs en chef » de faire leur Une QUE de bonnes nouvelles. Et seulement. Rien d’autre. Parce qu’avec les mots, il est si facile de « catastropher » le moindre fait divers au lieu d’embellir les choses exceptionnelles qui se jouent aussi dans l’actualité de ce monde…

©Asphodèle – 5 novembre – 23h50

Moins de 100 mots : 118 (Je n’y arrive plus à faire bref)
Sur le vif : oui
éléments du réel : voui.

Aujourd’hui, ça ne passera pas comme ça – 255/366 réels

calimero injuste la vie !Dès le matin, la routine nous enveloppe de ses gestes répétitifs pour l’indispensable : se lever, préparer le café, griller le pain que l’on va tartiner et confiturer généreusement. Mais il est des jours, souvent, quand mes doigts malhabiles ne sont pas encore « dérouillés » où cet instant paisible et bienheureux peut virer au cauchemar. Le lever a été plus douloureux que d’habitude, le café s’est renversé à côté du filtre et le pain a brûlé pour cause de thermostat augmenté alors que j’avais cru le baisser. Je vois bien les haussements d’épaules et les yeux au ciel  : c’est pas grave… Hélas, quand ça se renouvelle un jour sur deux, on se dit que c’est n’est pas seulement un mauvais génie qui joue les grains de sable mal intentionnés mais une réelle déficience…technique !

©Asphodèle – 4 novembre – 22h55

Moins de 100 mots : 128 (…?…)
Sur le vif : oui
Eléments du réel : Oh oui…

Aujourd’hui, en bois – 254/366 réels.

bois chalet café automneJ’ai longtemps caressé le rêve d’habiter un chalet tout en bois, du sol au plafond, tant j’aime la chaleur dégagée par ce matériau. Je n’y ai pas renoncé  même si je sais, le temps passant que certains de nos rêves finissent sur un bas-côté de nos vies, rouillés comme ces vieilles carcasses de voitures abandonnées.

Mais la passion du bois est restée.IMG_2790À commencer par les arbres d’où s’échappent tous ces rêves… De mon inséparable cuillère en bois avec laquelle je touille mon plat du jour (Martine dirait son « fricot« ) à l’écorce de l’arbre de Judée de mon jardin, recouvert de lierre, où j’aime poser ma tête, mes mains. Contact rugueux et chaud comme si la sève passait dans mon sang. Et puis comment ne pas parler du feu de bois ? Préhistorique, animal, nécessaire encore aujourd’hui aux hommes  dits « civilisés » que nous sommes…bois feu bord lac

©Asphodèle – 3 novembre 2015

Moins de  100 mots : 143, oups raté !
Sur le vif : oui
Éléments du réel : oui …

Aujourd’hui, pourquoi c’est compliqué – 253/366 réels (à mon père)

a papaAujourd’hui est (était) le jour anniversaire de mon père. Un jour que nous fêtions gaiement quand il était de ce monde pour rire et conjurer le fait qu’il soit « né le jour des morts », comme il aimait à le rappeler en souriant…

Aussi, depuis douze ans qu’il est parti, ce 2 novembre est toujours compliqué à affronter avec cet anniversaire qui n’en est plus un au lendemain de la Toussaint… Ambiance ! On ne s’y habitue jamais…à ces dates-couperets.bouquet automne©Asphodèle – 2 novembre 2015, 11h45

Moins de 100 mots : 75
Sur le vif : oui
Élément du réel : hé oui !

Aujourd’hui, la terre – 252/366 réels

a feuilles mortes jardinLa terre, celle sans majuscule qui se transforme en boue dès qu’il pleut, celle qui n’est que poussière quand le vent la chahute. La terre qui accueille l’eau des sources et des océans, le feu des volcans  et dont nous respirons l’air végétal, minéral, parcourus de frissons et de sensations à chaque saison.

J’aime la sentir sous mes pieds, mouvante, irrégulière, vraie.

Aujourd’hui j’ai marché et écouté craqué les feuilles d’automne qui jouent avec elle le temps d’un coup de vent avant de s’y coucher pour rejoindre l’éternité des feuilles dans ses entrailles mystérieuses.

La terre d’automne qui en célébrant les morts, nous ramène à la vie, à ceux qui restent et à ce qu’il reste…a statue toussaint2 cimetière

©Asphodèle – 1er novembre 2015

Moins de 100 mots : 106
Sur le vif : oui
Élément du réel : oui.

Aujourd’hui, ombre 238/366 réels

cigarette café thé ch. gainsbourgEt l’ombre finit par supplanter la lumière. Je la reconnais entre toutes mes névroses (ou mes tourments) (à chacun son vocabulaire).

Elle a déposé sa toile d’araignée sur ma vie depuis le 20 août dernier. S’est infiltrée doucement au début car j’avais encore la force de la repousser. Aujourd’hui, elle me suit, m’enveloppe d’un silence délétère, éteint mon rire à peine esquissé. Ombre passante, ombre tenace, qu’elle soit l’une ou l’autre, j’ai envie de l’arracher avec mes ongles et retrouver la lumière…la vie !!!

© Asphodèle – 18 octobre 2015

Moins de 100 mots : 80
Sur le vif ;oui
Élément du réel : oui

Aujourd’hui, ça ramasse 219/366 réels

IMG_3656La saison du glanage bat son plein, avec ces fruits qui tombent dans leurs feuilles  après avoir fleuri au printemps et mûri en été.

Les saisons du temps ressemblent aux saisons du coeur. Nous aussi, sommes parfois à ramasser à la petite cuillère quand l’automne s’empare de notre corps, insinue ses affaissements sur notre visage, estompant, gommant les rondeurs et joliesses juvéniles…

Ça ramasse !

©Asphodèle – 8 octobre 2015, 21h40.

Moins de 100 mots : 54
Sur le vif : oui
Elément du réel : oui.

Aujourd’hui, moment où la nuit tombe – 124/366 réels (R. Queneau)

IMG_3219Moment infiniment doux, lié à « l’heure bleue » à la fois magique et dangereuse pour les automobilistes mais  auréolée de légendes, de landes et de trolls… J’aime ce bref moment indistinct où les contours se perdent dans les hésitations de la nuit encore haute en été, longue à descendre et cette fuite du jour qui s’esquive lentement.Ce mystère qui revient chaque soir m’enveloppe d’un bonheur que je ne sais expliquer. Surtout en été, quand la nuit qui arrive ôte au jour sa chape de chaleur et nous permet d’allumer les bougies dehors, sur la table de la terrasse, pour savourer un verre en rêvant et respirer le jasmin refleuri qui exhale enfin toute sa fragrance. Ce que le les fleurs doivent à l’heure bleue  naît  de ce trouble émouvant, suspendu entre ciel et terre…IMG_1092

©Asphodèle – 5 juillet 2015

Moins de 100 mots : 135 (raté ! mais tant pis, le sujet me parlait)
Sur le vif : oui
Réel en accord avec le thème : ouiiii

Explications et autres participants que je suis, ICI.

Aujourd’hui permission accordée – 123/366 réels de Mr Queneau

IMG_3081Permission de respirer ce matin en regardant les feuilles des arbres traversées de vent léger, les rosiers qui ploient en dodelinant. Ho ! une brise ! Permission accordée par Dame Nature de frissonner légèrement en ouvrant les volets  sans avoir à les refermer aussitôt. Permission accordée ? Vraiment ? Est-ce une nécessité absolue en ce jour si indolent ? Il y a comme un arrière-goût d’armée à cette expression…Je suis mal placée pour en dire du mal (de l’armée ) mais je suis également à une place confortable où j’ai le loisir de m’accorder seule certaines permissions, j’ai bien dit certaines !

©Asphodèle – 4 juillet 2015

Moins de 100 mots : 95
Sur le vif : oui.
En accord avec le thème : oui

Aujourd’hui, réflexe – 107/366 réels-

IMG_3274« C’est un réflexe »… Combien de fois avons-nous dit ces trois mots, combien de fois les avons-nous entendus ? Comme un dédouanement, quelque chose qui se situe en deçà de la pensée, qui interveint avant elle. Le réflexe, cet autre aspect de l’habitude qui ne dit pas on nom ou alors du bout des lèvres.

En attendant, je ne sais si cela relève du réflexe, de l’habitude, de la pensée calculée ou tout simplement de la gourmandise; mais quand je vois un fruit mûr à point, un légume frais cueilli, je mords dedans à pleine bouche, avant que la promesse de fraîcheur ne s’enfuie…

©Asphodèle – 18 juin 2015

Moins de 100 mots : 97
Sur le vif : oui
éléments du jourd’hui : oui
en accord avec le thème oui.

100/366 réels – Aujourd’hui si je portais des lunettes roses

a lunettes roses ce que je vois avec les verres rosesJ’écrirais des vers qui riment avec volupté Je raconterai l’infini flouté Que j’aimerais voir descendre sur ma vie. Ne plus penser À la terre qui m’attend Sous le silence du tombeau au bout du chemin du temps qui transforme les regards  en eau…

Je continuerai de rire les soirs de juin avec mes amis et j’ouvrirais les bras aux buissons de roses À la terre qui exhale ses ivresses et faire la nique aux névroses transformées en caresses murmurées par le vent sur ma terrasse qui embaume…a chevrefeuille chez les filles d'à côtéIMG_3107IMG_3105IMG_3157IMG_3159IMG_3029IMG_3003IMG_3006IMG_3013IMG_3044IMG_3160IMG_3161IMG_3162 IMG_3112

©Asphodèle -11 juin 2015

Moins de 100 mots : 86 Sur le vif oui éléments du réel oui En accord avec le thème : oui

Pour voir les modalités, les thèmes et ceux que je suis,  cliquez ICI

Aujourd’ui, addiction – 91/366 réels -2 juin 2015

IMG_3137Est-il besoin d’aller chercher plus loin ?  D’en dire plus ? Le mot addiction est devenu péjoratif puisque la plupart d’entre elles sont considérées comme toxiques par l’Organisation Mondiale de la Santé (tabac, alcool, sucre, gras et j’en passe). Or ce siècle se préoccupe beaucoup de mourir en bonne santé plutôt que d’assumer ses « péchés » (amen). le politiquement correct que j’assimile à de la pudibonderie et à une frilosité galopante étant venu surenchérir, avoir une addiction aujourd’hui, c’est s’exposer aux regards assassins de ceux qui n’en ont pas (ou alors des mignonnes avouables) et développent un syndrome malsain de chasse aux sorcières ! Au bûcher les addicts de tous poils, ça me rappelle presque une époque où il fallait être blond aux yeux bleus pour avoir le droit de vivre… Alors oui, c’est pour notre « bien », le grand mot est lâché et puis tant qu’à faire à avoir un cancer, autant en choisir un « propre », que l’on n’aura pas cherché…

©Asphodèle – 2 juin 2015

Moins de 100 mots : raté, 154…
Sur le vif et à vif : oui
Éléments réels de la journée : hé oui…
En accord avec le thème : oui

Aujourd’hui, que reste-t-il ? – 90/366 réels – 1er juin 2015

fille de dos infinite-paradoxQue reste-t-il de ma journée ?
Que reste-t-il d’aujourd’hui
quand on arrive déjà à demain ?
Pourquoi est-ce déjà hier
cette journée de fruit sucré
savoureuse et enchantée ?
Pourquoi le printemps à peine né
Va-t-il s’effacer
sous le soleil de l’été cajolant ?

Ce qu’il reste de nous ?
de notre jeunesse flamboyante,
des galops sous les étoiles

un amour contre le coeur
qui a mis les voiles.

Ce sont nos pas
qui résonnent
dans les couloirs du temps
d’hier et d’aujourd’hui
avant que demain
ne nous emporte…

©Asphodèle – 1er juin 2015

Moins de 100 mots : 82
Sur le vif : oui
Éléments du réel : oui…un peu !
En accord avec le thème : oui

Aujourd’hui, une pensée sauvage – 84/366 réels – 26 mai 2015

cerises fraises pensées sauvages lys 2 fin mai 14Les pensées sauvages s’insinuent entre les autres végétations du jardin avec une grâce qui leur est propre. Elles redonnent de la légèreté, de l’insouciance et de la tendresse  à leur côté herbe folle. J’adore en voir autour de mes fraisiers ou dans le rang de persil, clin d’oeil décalé et élégant, comme une mouche qui se serait posée sur la pommette d’une beauté des années 30 rehaussant l’éclat de son teint. Aussi aujourd’hui, quelle ne fut pas ma surprise, de voir, loin de la jardinière où poussent les pensées « domestiquées », dans le parterre de rosiers, une pensée jaune qui s’est ensauvagée par je ne sais quel mystère…

©Asphodèle – 26 mai 2015pensée domestiquée qui a poussé dans les rosiers toute seule !

Moins de 100 mots : 106 oups !
Sur le vif : oui
Éléments du réel : ha oui ! 2 fois !
En accord avec le thème : une façon de l’exploiter…

Aujourd’hui, assez de… 80/366 – 22 mai 2015

gif coquelicots vanishing intoclouds tumblrAssez de tout. Et de rien. Oui, dit comme ça c’est un peu sibyllin et réducteur. Mais encore ?  va-t-on me demander . Comme je n’aime pas me perdre dans les détails et autres justifications qui n’ont d’intérêt que pour ceux qui connaissent le Tout (et le rien), je dirai simplement, aujourd’hui particulièrement… assez que les instants de bonheur ne durent jamais longtemps, qu’ils ne soient qu’une trêve entre deux méchancetés de la vie…

©Asphodèle

Moins de 100 mots : 71
Sur le vif : oui
Éléments du réel : oui
En accord avec le thème : oui.

Aujourd’hui table de – 54/366 réels

IMG_3037Table de cuisine. Table en formica des années 50, inamovible car « c’est la première table que nous avons acheté avec ton père quand nous nous sommes mariés ». De fait, je l’ai toujours connue quand je venais ici et maintenant que je vis sans mes meubles dans cette maison (ou quelques-uns de ci de là). J’ai usé mes coudes et griffonné des cahiers à cette table que je n’aimais pas mais je respecte les souvenirs. Alors je la recouvre juste d’une nappe différente chaque semaine. Et puis…on ne fait plus attention à certains objets inanimés à force de les fréquenter. Mais quand même…autant j’aime caresser le vieux chêne du vaisselier de mon grand-père, autant le formica me laisse de marbre…

©Asphodèle – 23 avril 2015

Moins de 100 mots : 117
Éléments du réel : oui
En accord avec le thème : oui

A TIRE-D’AILES

Ce texte écrit pour Les Plumes, atelier de mon blog principal me tient à coeur aussi j’ai souhaité le conserver ici où c’est plus clair que sur Les lectures d’Asphodèle… En attendant d’autres poèmes (sans que ce soit de vrais poèmes classiques) écrits en rafles sur deux carnets depuis juin, avec du bon et des ratures ! 😉

À TIRE-D’AILES…été femme blanche dissoute dans le sable tersessenta

J’aurais pu vous conter une aventure d’Anastasia, mon héroïne qui passe sa vie à galoper, sans perdre une seconde, à la recherche de son amour perdu, Diego. Ou de l’attente de Léonora. J’aurais pu vous parler du repos des anges qui n’en peuvent plus de secourir le pauvre monde depuis que celui-ci ne jure que par les mantras anabolisants du développement personnel et tant qu’à faire, durable. J’aurais pu vous écrire trois pages de mon adolescence pensionnaire où j’ai découvert le plaisir de la lecture en oubliant la scolastique que des professeurs zélés nous enseignaient. J’aurais pu…

Ce n’est pas l’imagination qui fait défaut. Non, c’est plus sournois. Ainsi en est-il à l’heure des interrogations quand ce que nous faisions avec passion prend des allures de citadelle imprenable. Quand les mots se délitent et nous fuient. Ces édifices d’encre que nous nous efforçons de construire sur notre chemin de vie,  la mémoire dans la paume de nos mains ouvertes, se transforment en cathédrales de sable s’effritant à la marée montante. Parce qu’il arrive un moment, fatalement, quand on écrit sans discontinuer depuis des années, où le cerveau a besoin d’une vacance salvatrice. Je ne parle pas des vacances, loin de la routine quotidienne, dans un décor autre que celui où nous vivons, non juste cette échappée de soi-même, cet état tremblé où nous aimerions disparaître des radars, cet oubli que nous appelons le soir au crépuscule, un oubli qui ressemble à l’instant où nous basculons dans l’inconscience heureuse du sommeil. Là où les langueurs et les longueurs du temps s’étirent à l’infini, où les obligations tombent comme des murailles de pisé, nous offrant un horizon illimité proche de l’immortalité dont nous rêvons en secret. Pas celle inventée pour les vampires et autres personnages imaginaires, pas celle des églises où des femmes agenouillées de lassitude prient pour expier des péchés et gagner un improbable salut de l’âme après la mort , essayant d échapper à la lucarne d’ennui de leur vie étroite.

Ces jours là, assise dans le sable qui me rappelle ma finitude, je vois se soulever des vagues violine aux reflets anthracite, elles ont la couleur des mots qui s’échappent de ma plume, elles dansent, sensuelles comme des lianes orientales qui feraient tinter leurs bracelets d’or et d’argent, elles étouffent sous l’écume les douleurs qui remontent des canalisations, elles frappent dans leurs mains pour détourner l’attention et dans un cercle de feu, s’élancent comme des oiseaux libres et insouciants à la recherche, non pas « du temps perdu qui ne se rattrape plus », mais des âmes vivantes, debout qui ont encore à écrire leur histoire ailleurs que sur l’épitaphe inscrite au marbre des tombeaux.

Alors, je regagne ma maison et traverse le champ où des coquelicots d’été déploient au vent leur corolle éphémère, taquinant les timides bleuets et les marguerites insensées qui s’effeuillent à la première amourette. Je souris à cette soirée qui n’en finit pas de repousser la nuit, elle est là mon éternité, blottie dans ces parenthèses que je ne prends plus le temps d’ouvrir… ©Asphodèlecoquelicots chardons au crépuscule PRC sur FB

QUAND J’ECRIS…

écrire mains dentelle nature-and-cultureQuand j’écris…


J’aborde à des rivages

Inconnus
J’entre dans un monde
D’infinis
Et de lumières nues
Sans frontières
Ni cordes
aux poignets.

Quand j’écris…

Au coeur, une  lumière blonde
D’école buissonnière, de liberté

Qui explose les barrières
Sans retenue.
Quand l’eau monte et déborde
.

J’ignore jusqu’où les mots vont m’emmener
Où se poseront les oiseaux
de couleur

Qui peuplent mes forêts
Intérieures.

Où se cacheront les douleurs
Autant que les rires ?

Pourquoi ici une larme que l’on n’attendait pas ?
Pourquoi là cette grâce désarmée ?plume encrier fleurs séchées umla

Ce que mon âme a retenu
Des errances passées

avance à petits pas,
Se transforme
Prend forme
Sous ma plume fébrile
Prompte à raturer
Avant de triturer

le fond de l’encrier…

Quand j’écris...paon vitral années 30 Romantic Home Bliss & Forgotten Elegance page FB 03.04

C’est le frisson de l’inconnu
Jusqu’au moment où les mots

Enfin s’animent
Dansent et font la roue
Tels les paons bleus
De mon grand-père…
Enfin s’assemblent
Et légèrement tremblent
Pour retracer

Ce que je n’ai pas dit…

©Asphodèle – juin 2014