ET VINT LE SILENCE…

a silence des toitsLe silence avait dressé
une brume vertigineuse
au-dessus du monde.

Le silence, un jour,
on ne sait plus lequel
S’impose et muselle.
Vêtu d’amples atours
Il  nous enroule d’opacité
Pour mieux nous perdre
dans des replis invisibles.a petite lumièreOn ne sait pas très bien
Ce qu’il nous veut
et pourquoi !

Il clôt nos lèvres
En figeant les mots, telle
Une porcelaine de Sèvres
Fragile, impersonnelle,
Posée là comme un aveu
d’impuissance.femme jupons rose pieds nus
Le silence impose sa lumière
Changeante, violente, étrangère
A tout ce que l’on connaissait.

Il passe, muet, de nuages en nuages lourds
On n’entend plus sur la plage
Que l’écho des pas sur le sable
Et le froissement léger
D’un cerf-volant

Mais aussi ce sanglot
resté bloqué
dans la gorge nouée…femme miroir nue espace infinite-paradox

©Asphodèle – août 2015

Publicités

QUAND NOUS NE SERONS PLUS…

a marée basse  gris ardoiseMa vie à marée basse
Qui regarde l’horizon
Repoussé
Par les doutes qui passent
Comme d’éternels poisons.cople n&b myfotolog tumblMon amour,
Quand nous ne serons plus
Que ces morceaux de bois flotté
Que l’on voit sur les plages
Échoués
Blancs, livides, évidés
De ce qui fut l’amour
Gisants, abandonnés,
Ventrus
Repus d’âmes perduesbois flotté coeur PinterestQuand nous ne serons plus
Que ce bruit immatériel
Ce murmure incessant
Que nul ne peut saisir
Il est déjà parti…
Je te parle du ressac
Du flux et du reflux
Des marées éternelles.a écume

Alors que serons nous ?

Cette palpitation ?
De la mer, du ciel
Et de nos coeurs éteints ;
Cet envol fragile
Qui se meurt sous l’écume

Vers l’éternité

Vers l’oubli…

Photo Aifelle - clic

Photo Aifelle – clic

©Asphodèle-2014

SI TU LE VEUX…

gif oiseau flaque ana-rosaJe t’apprendrai à marcher
contre le vent
à courir sous  la pluie
à sauter dans les flaques
En riant.IMG_1534

Je t’apprendrai les ciels
ombrageux de mon île,
les nuages qui arrivent
sans prévenir
et donnent des claques
au soleil qui ici,
n’est pas roi !IMG_1513

Je t’apprendrai ces couleurs
d’ardoise et d’anthracite,
cette  palette de gris
les plus beaux quand
ils se piquent
d’ombres fauves
au crépuscule
ou d’émeraude sombre,
quand ils plongent
la tête
sous les vagues.epave hearts-of-glass tumb

Je t’apprendrai les tempêtes
c’est dans ces moments-là
que le coeur se soulève
s’égare se perd
et retrouve enfin
le chemin
de l’âme.fille ponton mer grise velvetinabat tumblrÔ les tempêtes….

©Asphodèle

VOILURES…

Et un jour, ils s’en vont les bateaux…navire brume hampshire
A marée haute, les fonds de cale emplis de souvenirs de terre, d’amours de femmes embrassées avec fougue. Pour qu’elles n’oublient pas ces baisers d’au-revoir quand ils seront allés et qu’il fera tard la nuit dans les grands lits froids
d’absence

qui s’éternise…
Elles ont agité la main longtemps, là-bas sur les quais déjà brumeux de l’automne à venir. S’en sont retournées au logis d’un pas lent, comme celui de ceux qui
montent à l’échafaud.
Elles savent que dans l’âtre, sous le feu qui s’éteint, c’est l’attente qu’elles vont attiser. Elles auront beau souffler sur les braises, raconter des histoires aux enfants pour passer le temps, elles savent déjà
le corps qui se replie sur le désir,
La petite voix qui leur dit « pas avant six mois ma petite »…

Elles guetteront le facteur qui sonne drelin drelin la cloche sur sa bicyclette
quand arrive une lettre.
Alors elles sortent échevelées, en robe de nuit parfois, elles tendent leurs mains affolées vers l’enveloppe bariolée de timbres chamarrés avec des noms exotiques dans le tampon qui fait un rond, souvent plusieurs
pour indiquer la ville d’expédition.
Ils ne disent jamais grand-chose pourtant les Vincent, Gilles ou Gaétan qui sont partis aux antipodes, aux colonies ou plus loin quand ils ont la maison à payer…
Ils reviendront les poches pleines, des cadeaux dans les mains pour celles qui ont attendu et ne demandent jamais s’ils ont été fidèles
Question taboue.
Réponse muette
pour ne pas mentir.
Les premiers voyages, quand ils en reviennent, ils parlent, ils parlent sans s’arrêter. Elles pourraient presque sentir le goût des épices sur leur langue tant ils mettent de coeur à donner le moindre détail de ce
qu’ils ont vu, senti, aimé…
Elles écoutent, rassurées par ces grands discours
envahis d’ailleurs,
un ailleurs qui ne leur a rien pris, qui a rendu leur homme
meilleur.
Elles ne voient pas,
pas encore,
cette eau bleue qui stagne en rebord de leurs yeux
derrière le regard franc…
Elles ne voient pas
Cet angle mort
où se glissent les mensonges
qu’ils taisent
pour ne pas qu’elles souffrent….

©Asphodèle