Aujourd’hui, ça casse 218/366 réels

automne balançoire et feuillesÇa casse aujourd’hui
Dans les ramures du coeur,
ça casse parce que
Le temps a encore frappé ;
Et malgré la douceur
ambrée de l’automne
qui apaise ce noeud tordu de fils
je sens la branche fragile
qui se détachera de l’arbre
au prochain coup de vent,
Privant de sève et de sang
Celle qui vit depuis si longtemps
Et se casse un peu plus
chaque jour…
Le visage glabre

des malades chenus
M’enfermant dans une tour
où soufflent chagrin et colère
En ce temps sans détours
le temps nous fait la  guerre
« Le temps nous fait misère »

et là, on ne la gagnera pas…

©Asphodèle – 7 octobre 2015

Moins de 100 mots : 103
Sur le vif : oui à 22h36
Élément du réel : hélas oui !

Publicités

Aujourd’hui, ça passe. 217/366 réels

fauteuil tricot candygram5000 tumbÇa passe vite les jours heureux
Ça passe lentement
Les jours de tourment
laissant du bleu sous nos yeux
fatigués,
humides comme la rosée
comme la brume déposée, certainement
se lèvera bientôt.

Éphémères certitudes
Longues solitudes
que l’on cache jalousement
dans les pelotes de notre tricot…

©Asphodèle – 6 octobre 2015

Moins de 100mots : 46
Sur le vif : oui
élément réel de la journée : peut-être !

ET VINT LE SILENCE…

a silence des toitsLe silence avait dressé
une brume vertigineuse
au-dessus du monde.

Le silence, un jour,
on ne sait plus lequel
S’impose et muselle.
Vêtu d’amples atours
Il  nous enroule d’opacité
Pour mieux nous perdre
dans des replis invisibles.a petite lumièreOn ne sait pas très bien
Ce qu’il nous veut
et pourquoi !

Il clôt nos lèvres
En figeant les mots, telle
Une porcelaine de Sèvres
Fragile, impersonnelle,
Posée là comme un aveu
d’impuissance.femme jupons rose pieds nus
Le silence impose sa lumière
Changeante, violente, étrangère
A tout ce que l’on connaissait.

Il passe, muet, de nuages en nuages lourds
On n’entend plus sur la plage
Que l’écho des pas sur le sable
Et le froissement léger
D’un cerf-volant

Mais aussi ce sanglot
resté bloqué
dans la gorge nouée…femme miroir nue espace infinite-paradox

©Asphodèle – août 2015

Aujourd’hui, moment où la nuit tombe – 124/366 réels (R. Queneau)

IMG_3219Moment infiniment doux, lié à « l’heure bleue » à la fois magique et dangereuse pour les automobilistes mais  auréolée de légendes, de landes et de trolls… J’aime ce bref moment indistinct où les contours se perdent dans les hésitations de la nuit encore haute en été, longue à descendre et cette fuite du jour qui s’esquive lentement.Ce mystère qui revient chaque soir m’enveloppe d’un bonheur que je ne sais expliquer. Surtout en été, quand la nuit qui arrive ôte au jour sa chape de chaleur et nous permet d’allumer les bougies dehors, sur la table de la terrasse, pour savourer un verre en rêvant et respirer le jasmin refleuri qui exhale enfin toute sa fragrance. Ce que le les fleurs doivent à l’heure bleue  naît  de ce trouble émouvant, suspendu entre ciel et terre…IMG_1092

©Asphodèle – 5 juillet 2015

Moins de 100 mots : 135 (raté ! mais tant pis, le sujet me parlait)
Sur le vif : oui
Réel en accord avec le thème : ouiiii

Explications et autres participants que je suis, ICI.

95/366 réels à prise rapide : Aujourd’hui, un jeu

a scrabbleDans ce temps  bousculé qui me happe et me fait perdre l’équilibre,
Dans ce temps bouleversé où mes pensées
S’entrechoquent comme des os désarticulés,
Je perds mes repères.
Mes habitudes opèrent
Une mue fragile, je ne me sens pas libre ;
Dans ce temps qui n’est plus celui d’hier
Et occulte ce que sera demain,
Mon esprit vogue à la dérive
Ballotté par des vagues soucieuses
Sous des étoiles chahuteuses.

Les seuls moments de vraie détente sont ceux que je passe une à deux heures par jour, au Scrabble sur FB, avec mes amies Syl et Martine, ma tante. Là, concentrée sur une hypothétique victoire ou une probable défaite, j’oublie tout. Merci à ce jeu qui m’évite les anxiolitiques…

Asphodèle – 6 juin 2015

Moins de 100 mots : 122, raté…
Sur le vif oui
éléments du réel : oui
En accord avec le thème : oui

Balloté par des vagues

LES MAINS NUES DE LA RAGE…

balançoire triste lettresdanslesmots tumb

Que veux-tu que je te reprenne
Toi qui ne m’a rien laissé ?
Rien donné avant de me lâcher
Comme un vieux porte-clés
Dans une bouche d’égout
Qui puait la mort
Et me renvoyait au néant.

Que veux-tu que je dise de toi ?
Aujourd’hui que le temps a passé,
Que je devrais avoir oublié
Les rancoeurs et les rancunes
Comme il est humain de le faire…

Parce que, paraît-il,
Avec le Temps,
Seuls restent en nos mémoires
les souvenirs heureux,
On décapite ceux
Qui nous ont tordu les tripes,
Cloués au lit avec une fausse grippe
pendant des jours,
A se demander
S’il fallait continuer
de vivre en rampant
de dormir en pleurant
de marcher les jambes coupées
La bouche sèche d’amertume
les yeux noyés de brume
Sous une pluie insatiable
qui n’arrêtait plus de tomber,
Vortex inéluctable
des amours consumées…

Foutaises que ces souvenirs heureux !
J’ai encore mal
aux bleus tatoués sur mes bras,
dans mon cou et à l’orée du coeur.

Je sens vibrer encore,
corde sensible du désaccord,
La rage qui a été
Ma compagne
Dans ce long après,
Ce désert que j’ai traversé, des épines
Fichées dans mes mains ;
Et je me souviens même
Avoir marché sur les mains…
Pour ne plus sentir le sang noir âcre et malsain
qui empoisonnait

Mon âme…

Et même longtemps après l’après,
Alors que nous vivons aujourd’hui
dans un autre monde
dans une autre vie,
Que j’ai replantée
Avec les mains nues de la rage,
Oui quand je repense à toi,
A ce que tu m’as fait,
Loin de moi l’envie chrétienne
de tendre l’autre joue !

J’aimerais Ô que j’aimerais
T’enfoncer un poignard
Dans le coeur
Et regarder le sang
se vider de ton corps hagard,
Sans éprouver un cent
De pitié. Te voir mort.

Tu peux crever
Dans les pires souffrances,
Te faire cramer
Dans un bûcher funéraire
Ou te faire bouffer
par les vers,
je ne bougerai pas un cil.
Tu m’as refilé ta haine de pierre
Indélébile.

C’est tout ce que j’ai à te rendre
Pour continuer ma route
Sans me pendre.
Pour galoper loin

des tas de cendres
qui ensevelissent les étoiles

Perdues…

cheval blanc de dos mouvement infinite-paradox