Aujourd’hui, réflexe – 107/366 réels-

IMG_3274« C’est un réflexe »… Combien de fois avons-nous dit ces trois mots, combien de fois les avons-nous entendus ? Comme un dédouanement, quelque chose qui se situe en deçà de la pensée, qui interveint avant elle. Le réflexe, cet autre aspect de l’habitude qui ne dit pas on nom ou alors du bout des lèvres.

En attendant, je ne sais si cela relève du réflexe, de l’habitude, de la pensée calculée ou tout simplement de la gourmandise; mais quand je vois un fruit mûr à point, un légume frais cueilli, je mords dedans à pleine bouche, avant que la promesse de fraîcheur ne s’enfuie…

©Asphodèle – 18 juin 2015

Moins de 100 mots : 97
Sur le vif : oui
éléments du jourd’hui : oui
en accord avec le thème oui.

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101/366 Aujourd’hui une confidence

a confidence un coeur d'oiseau dans le cielUne confidence
Par essence
Est secrète
et réservée
à un être
de confiance.
Une confidence
c’est un murmure
en nous, qui danse
avec ses rires
et ses ratures.

Elle peut chanter si fort,
qu’il nous faut la confier très vite,
À perdre haleine.
Elle peut devenir
Un fardeau que nous déposons
Comme un manteau de plomb
Sur les épaules du confident…
Qui n’en demandait pas tant.

Ou à l’inverse, elle réjouit
Celui qui parle
et celui qui écoute.

C’est ainsi que la confidence
devrait s’échapper de notre coeur,
légère, souriante, celle qui a fait dire à mon amie
qui passait aujourd’hui :
« Bon, et maintenant si on prenait un verre ? »IMG_0554

©Asphodèle – 12 juin 2015

Moins de 100 mots : 108
Sur le vif : oui
éléments du réel : oui
En accord avec le thème : oui

95/366 réels à prise rapide : Aujourd’hui, un jeu

a scrabbleDans ce temps  bousculé qui me happe et me fait perdre l’équilibre,
Dans ce temps bouleversé où mes pensées
S’entrechoquent comme des os désarticulés,
Je perds mes repères.
Mes habitudes opèrent
Une mue fragile, je ne me sens pas libre ;
Dans ce temps qui n’est plus celui d’hier
Et occulte ce que sera demain,
Mon esprit vogue à la dérive
Ballotté par des vagues soucieuses
Sous des étoiles chahuteuses.

Les seuls moments de vraie détente sont ceux que je passe une à deux heures par jour, au Scrabble sur FB, avec mes amies Syl et Martine, ma tante. Là, concentrée sur une hypothétique victoire ou une probable défaite, j’oublie tout. Merci à ce jeu qui m’évite les anxiolitiques…

Asphodèle – 6 juin 2015

Moins de 100 mots : 122, raté…
Sur le vif oui
éléments du réel : oui
En accord avec le thème : oui

Balloté par des vagues

68/366 – Aujourd’hui, une multitude de

IMG_0662Une multitude peut être l’agression du nombre contre le solitaire. J’aime aussi quand la multitude crée une harmonie de temps et de lieu. Je pense au frémissement blond d’une multitude de blés dans les champs de juillet juste avant les moissons, à l’or de ceux de colzas en avril ou encore aux vagues blanches des champs de lin qui ondulent sous le vent et laissent à penser que des étoiles sont tombées sur terre.
Aujourd’hui un parterre de salade bien fourni dans le potager cultivé par un fervent jardinier, une seule a suffi au bonheur de mon déjeuner…

©Asphodèle – 10 mai 2015

Moins de 100 mots :98
Sur le vif : oui
éléments du réel : oui
En accord avec le thème : oui

100/366 réels – Aujourd’hui si je portais des lunettes roses

a lunettes roses ce que je vois avec les verres rosesJ’écrirais des vers qui riment avec volupté Je raconterai l’infini flouté Que j’aimerais voir descendre sur ma vie. Ne plus penser À la terre qui m’attend Sous le silence du tombeau au bout du chemin du temps qui transforme les regards  en eau…

Je continuerai de rire les soirs de juin avec mes amis et j’ouvrirais les bras aux buissons de roses À la terre qui exhale ses ivresses et faire la nique aux névroses transformées en caresses murmurées par le vent sur ma terrasse qui embaume…a chevrefeuille chez les filles d'à côtéIMG_3107IMG_3105IMG_3157IMG_3159IMG_3029IMG_3003IMG_3006IMG_3013IMG_3044IMG_3160IMG_3161IMG_3162 IMG_3112

©Asphodèle -11 juin 2015

Moins de 100 mots : 86 Sur le vif oui éléments du réel oui En accord avec le thème : oui

Pour voir les modalités, les thèmes et ceux que je suis,  cliquez ICI

Aujourd’ui, addiction – 91/366 réels -2 juin 2015

IMG_3137Est-il besoin d’aller chercher plus loin ?  D’en dire plus ? Le mot addiction est devenu péjoratif puisque la plupart d’entre elles sont considérées comme toxiques par l’Organisation Mondiale de la Santé (tabac, alcool, sucre, gras et j’en passe). Or ce siècle se préoccupe beaucoup de mourir en bonne santé plutôt que d’assumer ses « péchés » (amen). le politiquement correct que j’assimile à de la pudibonderie et à une frilosité galopante étant venu surenchérir, avoir une addiction aujourd’hui, c’est s’exposer aux regards assassins de ceux qui n’en ont pas (ou alors des mignonnes avouables) et développent un syndrome malsain de chasse aux sorcières ! Au bûcher les addicts de tous poils, ça me rappelle presque une époque où il fallait être blond aux yeux bleus pour avoir le droit de vivre… Alors oui, c’est pour notre « bien », le grand mot est lâché et puis tant qu’à faire à avoir un cancer, autant en choisir un « propre », que l’on n’aura pas cherché…

©Asphodèle – 2 juin 2015

Moins de 100 mots : raté, 154…
Sur le vif et à vif : oui
Éléments réels de la journée : hé oui…
En accord avec le thème : oui

Aujourd’hui, que reste-t-il ? – 90/366 réels – 1er juin 2015

fille de dos infinite-paradoxQue reste-t-il de ma journée ?
Que reste-t-il d’aujourd’hui
quand on arrive déjà à demain ?
Pourquoi est-ce déjà hier
cette journée de fruit sucré
savoureuse et enchantée ?
Pourquoi le printemps à peine né
Va-t-il s’effacer
sous le soleil de l’été cajolant ?

Ce qu’il reste de nous ?
de notre jeunesse flamboyante,
des galops sous les étoiles

un amour contre le coeur
qui a mis les voiles.

Ce sont nos pas
qui résonnent
dans les couloirs du temps
d’hier et d’aujourd’hui
avant que demain
ne nous emporte…

©Asphodèle – 1er juin 2015

Moins de 100 mots : 82
Sur le vif : oui
Éléments du réel : oui…un peu !
En accord avec le thème : oui

Aujourd’hui, une pensée sauvage – 84/366 réels – 26 mai 2015

cerises fraises pensées sauvages lys 2 fin mai 14Les pensées sauvages s’insinuent entre les autres végétations du jardin avec une grâce qui leur est propre. Elles redonnent de la légèreté, de l’insouciance et de la tendresse  à leur côté herbe folle. J’adore en voir autour de mes fraisiers ou dans le rang de persil, clin d’oeil décalé et élégant, comme une mouche qui se serait posée sur la pommette d’une beauté des années 30 rehaussant l’éclat de son teint. Aussi aujourd’hui, quelle ne fut pas ma surprise, de voir, loin de la jardinière où poussent les pensées « domestiquées », dans le parterre de rosiers, une pensée jaune qui s’est ensauvagée par je ne sais quel mystère…

©Asphodèle – 26 mai 2015pensée domestiquée qui a poussé dans les rosiers toute seule !

Moins de 100 mots : 106 oups !
Sur le vif : oui
Éléments du réel : ha oui ! 2 fois !
En accord avec le thème : une façon de l’exploiter…

Aujourd’hui, assez de… 80/366 – 22 mai 2015

gif coquelicots vanishing intoclouds tumblrAssez de tout. Et de rien. Oui, dit comme ça c’est un peu sibyllin et réducteur. Mais encore ?  va-t-on me demander . Comme je n’aime pas me perdre dans les détails et autres justifications qui n’ont d’intérêt que pour ceux qui connaissent le Tout (et le rien), je dirai simplement, aujourd’hui particulièrement… assez que les instants de bonheur ne durent jamais longtemps, qu’ils ne soient qu’une trêve entre deux méchancetés de la vie…

©Asphodèle

Moins de 100 mots : 71
Sur le vif : oui
Éléments du réel : oui
En accord avec le thème : oui.

Aujourd’hui, comment je pense à demain – 59/366 réels-

femme temps« Hier encore » (j’avais vingt ans), demain ressemblait à une longue suite de jours à venir. Immobiles quand ça n’allait pas assez vite, Ô fougue de la jeunesse impatiente. Impétueux quand j’étais prise dans le tourbillon des « années de sueur » (Laurent Gaudé dans le Soleil des Scorta). Et puis, on dépasse le mitan de sa vie, l’ombre a gagné du terrain, les pentes sont escarpées, on manque parfois de souffle mais on continue à chanter en prenant le temps de s’arrêter plus souvent, pour se donner du courage. Parce que demain raccourcit chaque jour, je préfère penser à l’instant présent, qu’aujourd’hui soit bien rempli parce que fatalement demain sera un jour où je ne serai plus…

©Asphodèle – 1er mai 2015

Moins de 100 mots : 105, oups ! Sur le vif : toujours ! éléments du réel : dans l’absolu, oui en accord avec le thème : oui

Aujourd’hui table de – 54/366 réels

IMG_3037Table de cuisine. Table en formica des années 50, inamovible car « c’est la première table que nous avons acheté avec ton père quand nous nous sommes mariés ». De fait, je l’ai toujours connue quand je venais ici et maintenant que je vis sans mes meubles dans cette maison (ou quelques-uns de ci de là). J’ai usé mes coudes et griffonné des cahiers à cette table que je n’aimais pas mais je respecte les souvenirs. Alors je la recouvre juste d’une nappe différente chaque semaine. Et puis…on ne fait plus attention à certains objets inanimés à force de les fréquenter. Mais quand même…autant j’aime caresser le vieux chêne du vaisselier de mon grand-père, autant le formica me laisse de marbre…

©Asphodèle – 23 avril 2015

Moins de 100 mots : 117
Éléments du réel : oui
En accord avec le thème : oui

Fragment d’aujourd’hui raconté en sondage d’opinion – 51/366 réels à prise rapide.

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Judée 2014, il n'y pas photo, pas besoin de l'Ipsos, c'est visible à l'oeil nu...

Judée 2014, il n’y pas photo, pas besoin de l’Ipsos, c’est visible à l’oeil nu…

Allô l’Ipsôs ? J’ai un souci avec mon « jourd’hui » : Mr Queneau me demande un sondage d’opinion, c’est énorme ! À quel sujet d’ailleurs ? Je vous le demande ! Il n’y a rien d’assez chiffré dans mon réel pour en faire un sondage. Je me demandais juste si l’arbre de Judée de l’an dernier n’était pas plus  fourni en fleurs que cette année ? Passionnant, non ? Sinon si je devais mettre en pourcentages mes états d’âme, ce serait 50 % de joie et 50 % de contrariétés. Tant que la balance ne penche pas du mauvais côté…

©Asphodèle – 23 avril 2015

Moins de 100 mots : 85
Sur le vif : oui
En accord avec le thème : sûrement…

QUAND NOUS NE SERONS PLUS…

a marée basse  gris ardoiseMa vie à marée basse
Qui regarde l’horizon
Repoussé
Par les doutes qui passent
Comme d’éternels poisons.cople n&b myfotolog tumblMon amour,
Quand nous ne serons plus
Que ces morceaux de bois flotté
Que l’on voit sur les plages
Échoués
Blancs, livides, évidés
De ce qui fut l’amour
Gisants, abandonnés,
Ventrus
Repus d’âmes perduesbois flotté coeur PinterestQuand nous ne serons plus
Que ce bruit immatériel
Ce murmure incessant
Que nul ne peut saisir
Il est déjà parti…
Je te parle du ressac
Du flux et du reflux
Des marées éternelles.a écume

Alors que serons nous ?

Cette palpitation ?
De la mer, du ciel
Et de nos coeurs éteints ;
Cet envol fragile
Qui se meurt sous l’écume

Vers l’éternité

Vers l’oubli…

Photo Aifelle - clic

Photo Aifelle – clic

©Asphodèle-2014

VIVRE ENCORE…

dérive pieds ds l'eau infinite-paradoxVivre avec ses manques
Survivre aux béances
des deuils,
des départs,
des ruptures
Fait mal.

Ça gratte toujours
Aux cicatrices
quand le temps change,
Le syndrome de la jambe coupée ?
Vivre avec ses amputations
et se sentir léger ?

Vous rigolez !
Ça pèse une tonne
les manques,
les vides,
le RIEN…

©Asphodèle

SI TU LE VEUX…

gif oiseau flaque ana-rosaJe t’apprendrai à marcher
contre le vent
à courir sous  la pluie
à sauter dans les flaques
En riant.IMG_1534

Je t’apprendrai les ciels
ombrageux de mon île,
les nuages qui arrivent
sans prévenir
et donnent des claques
au soleil qui ici,
n’est pas roi !IMG_1513

Je t’apprendrai ces couleurs
d’ardoise et d’anthracite,
cette  palette de gris
les plus beaux quand
ils se piquent
d’ombres fauves
au crépuscule
ou d’émeraude sombre,
quand ils plongent
la tête
sous les vagues.epave hearts-of-glass tumb

Je t’apprendrai les tempêtes
c’est dans ces moments-là
que le coeur se soulève
s’égare se perd
et retrouve enfin
le chemin
de l’âme.fille ponton mer grise velvetinabat tumblrÔ les tempêtes….

©Asphodèle

VOILURES…

Et un jour, ils s’en vont les bateaux…navire brume hampshire
A marée haute, les fonds de cale emplis de souvenirs de terre, d’amours de femmes embrassées avec fougue. Pour qu’elles n’oublient pas ces baisers d’au-revoir quand ils seront allés et qu’il fera tard la nuit dans les grands lits froids
d’absence

qui s’éternise…
Elles ont agité la main longtemps, là-bas sur les quais déjà brumeux de l’automne à venir. S’en sont retournées au logis d’un pas lent, comme celui de ceux qui
montent à l’échafaud.
Elles savent que dans l’âtre, sous le feu qui s’éteint, c’est l’attente qu’elles vont attiser. Elles auront beau souffler sur les braises, raconter des histoires aux enfants pour passer le temps, elles savent déjà
le corps qui se replie sur le désir,
La petite voix qui leur dit « pas avant six mois ma petite »…

Elles guetteront le facteur qui sonne drelin drelin la cloche sur sa bicyclette
quand arrive une lettre.
Alors elles sortent échevelées, en robe de nuit parfois, elles tendent leurs mains affolées vers l’enveloppe bariolée de timbres chamarrés avec des noms exotiques dans le tampon qui fait un rond, souvent plusieurs
pour indiquer la ville d’expédition.
Ils ne disent jamais grand-chose pourtant les Vincent, Gilles ou Gaétan qui sont partis aux antipodes, aux colonies ou plus loin quand ils ont la maison à payer…
Ils reviendront les poches pleines, des cadeaux dans les mains pour celles qui ont attendu et ne demandent jamais s’ils ont été fidèles
Question taboue.
Réponse muette
pour ne pas mentir.
Les premiers voyages, quand ils en reviennent, ils parlent, ils parlent sans s’arrêter. Elles pourraient presque sentir le goût des épices sur leur langue tant ils mettent de coeur à donner le moindre détail de ce
qu’ils ont vu, senti, aimé…
Elles écoutent, rassurées par ces grands discours
envahis d’ailleurs,
un ailleurs qui ne leur a rien pris, qui a rendu leur homme
meilleur.
Elles ne voient pas,
pas encore,
cette eau bleue qui stagne en rebord de leurs yeux
derrière le regard franc…
Elles ne voient pas
Cet angle mort
où se glissent les mensonges
qu’ils taisent
pour ne pas qu’elles souffrent….

©Asphodèle

LES MAINS NUES DE LA RAGE…

balançoire triste lettresdanslesmots tumb

Que veux-tu que je te reprenne
Toi qui ne m’a rien laissé ?
Rien donné avant de me lâcher
Comme un vieux porte-clés
Dans une bouche d’égout
Qui puait la mort
Et me renvoyait au néant.

Que veux-tu que je dise de toi ?
Aujourd’hui que le temps a passé,
Que je devrais avoir oublié
Les rancoeurs et les rancunes
Comme il est humain de le faire…

Parce que, paraît-il,
Avec le Temps,
Seuls restent en nos mémoires
les souvenirs heureux,
On décapite ceux
Qui nous ont tordu les tripes,
Cloués au lit avec une fausse grippe
pendant des jours,
A se demander
S’il fallait continuer
de vivre en rampant
de dormir en pleurant
de marcher les jambes coupées
La bouche sèche d’amertume
les yeux noyés de brume
Sous une pluie insatiable
qui n’arrêtait plus de tomber,
Vortex inéluctable
des amours consumées…

Foutaises que ces souvenirs heureux !
J’ai encore mal
aux bleus tatoués sur mes bras,
dans mon cou et à l’orée du coeur.

Je sens vibrer encore,
corde sensible du désaccord,
La rage qui a été
Ma compagne
Dans ce long après,
Ce désert que j’ai traversé, des épines
Fichées dans mes mains ;
Et je me souviens même
Avoir marché sur les mains…
Pour ne plus sentir le sang noir âcre et malsain
qui empoisonnait

Mon âme…

Et même longtemps après l’après,
Alors que nous vivons aujourd’hui
dans un autre monde
dans une autre vie,
Que j’ai replantée
Avec les mains nues de la rage,
Oui quand je repense à toi,
A ce que tu m’as fait,
Loin de moi l’envie chrétienne
de tendre l’autre joue !

J’aimerais Ô que j’aimerais
T’enfoncer un poignard
Dans le coeur
Et regarder le sang
se vider de ton corps hagard,
Sans éprouver un cent
De pitié. Te voir mort.

Tu peux crever
Dans les pires souffrances,
Te faire cramer
Dans un bûcher funéraire
Ou te faire bouffer
par les vers,
je ne bougerai pas un cil.
Tu m’as refilé ta haine de pierre
Indélébile.

C’est tout ce que j’ai à te rendre
Pour continuer ma route
Sans me pendre.
Pour galoper loin

des tas de cendres
qui ensevelissent les étoiles

Perdues…

cheval blanc de dos mouvement infinite-paradox

A TIRE-D’AILES

Ce texte écrit pour Les Plumes, atelier de mon blog principal me tient à coeur aussi j’ai souhaité le conserver ici où c’est plus clair que sur Les lectures d’Asphodèle… En attendant d’autres poèmes (sans que ce soit de vrais poèmes classiques) écrits en rafles sur deux carnets depuis juin, avec du bon et des ratures ! 😉

À TIRE-D’AILES…été femme blanche dissoute dans le sable tersessenta

J’aurais pu vous conter une aventure d’Anastasia, mon héroïne qui passe sa vie à galoper, sans perdre une seconde, à la recherche de son amour perdu, Diego. Ou de l’attente de Léonora. J’aurais pu vous parler du repos des anges qui n’en peuvent plus de secourir le pauvre monde depuis que celui-ci ne jure que par les mantras anabolisants du développement personnel et tant qu’à faire, durable. J’aurais pu vous écrire trois pages de mon adolescence pensionnaire où j’ai découvert le plaisir de la lecture en oubliant la scolastique que des professeurs zélés nous enseignaient. J’aurais pu…

Ce n’est pas l’imagination qui fait défaut. Non, c’est plus sournois. Ainsi en est-il à l’heure des interrogations quand ce que nous faisions avec passion prend des allures de citadelle imprenable. Quand les mots se délitent et nous fuient. Ces édifices d’encre que nous nous efforçons de construire sur notre chemin de vie,  la mémoire dans la paume de nos mains ouvertes, se transforment en cathédrales de sable s’effritant à la marée montante. Parce qu’il arrive un moment, fatalement, quand on écrit sans discontinuer depuis des années, où le cerveau a besoin d’une vacance salvatrice. Je ne parle pas des vacances, loin de la routine quotidienne, dans un décor autre que celui où nous vivons, non juste cette échappée de soi-même, cet état tremblé où nous aimerions disparaître des radars, cet oubli que nous appelons le soir au crépuscule, un oubli qui ressemble à l’instant où nous basculons dans l’inconscience heureuse du sommeil. Là où les langueurs et les longueurs du temps s’étirent à l’infini, où les obligations tombent comme des murailles de pisé, nous offrant un horizon illimité proche de l’immortalité dont nous rêvons en secret. Pas celle inventée pour les vampires et autres personnages imaginaires, pas celle des églises où des femmes agenouillées de lassitude prient pour expier des péchés et gagner un improbable salut de l’âme après la mort , essayant d échapper à la lucarne d’ennui de leur vie étroite.

Ces jours là, assise dans le sable qui me rappelle ma finitude, je vois se soulever des vagues violine aux reflets anthracite, elles ont la couleur des mots qui s’échappent de ma plume, elles dansent, sensuelles comme des lianes orientales qui feraient tinter leurs bracelets d’or et d’argent, elles étouffent sous l’écume les douleurs qui remontent des canalisations, elles frappent dans leurs mains pour détourner l’attention et dans un cercle de feu, s’élancent comme des oiseaux libres et insouciants à la recherche, non pas « du temps perdu qui ne se rattrape plus », mais des âmes vivantes, debout qui ont encore à écrire leur histoire ailleurs que sur l’épitaphe inscrite au marbre des tombeaux.

Alors, je regagne ma maison et traverse le champ où des coquelicots d’été déploient au vent leur corolle éphémère, taquinant les timides bleuets et les marguerites insensées qui s’effeuillent à la première amourette. Je souris à cette soirée qui n’en finit pas de repousser la nuit, elle est là mon éternité, blottie dans ces parenthèses que je ne prends plus le temps d’ouvrir… ©Asphodèlecoquelicots chardons au crépuscule PRC sur FB

QUAND J’ECRIS…

écrire mains dentelle nature-and-cultureQuand j’écris…


J’aborde à des rivages

Inconnus
J’entre dans un monde
D’infinis
Et de lumières nues
Sans frontières
Ni cordes
aux poignets.

Quand j’écris…

Au coeur, une  lumière blonde
D’école buissonnière, de liberté

Qui explose les barrières
Sans retenue.
Quand l’eau monte et déborde
.

J’ignore jusqu’où les mots vont m’emmener
Où se poseront les oiseaux
de couleur

Qui peuplent mes forêts
Intérieures.

Où se cacheront les douleurs
Autant que les rires ?

Pourquoi ici une larme que l’on n’attendait pas ?
Pourquoi là cette grâce désarmée ?plume encrier fleurs séchées umla

Ce que mon âme a retenu
Des errances passées

avance à petits pas,
Se transforme
Prend forme
Sous ma plume fébrile
Prompte à raturer
Avant de triturer

le fond de l’encrier…

Quand j’écris...paon vitral années 30 Romantic Home Bliss & Forgotten Elegance page FB 03.04

C’est le frisson de l’inconnu
Jusqu’au moment où les mots

Enfin s’animent
Dansent et font la roue
Tels les paons bleus
De mon grand-père…
Enfin s’assemblent
Et légèrement tremblent
Pour retracer

Ce que je n’ai pas dit…

©Asphodèle – juin 2014

 

ET SE RELEVER…

pluie fille de dos tableau vanishingintocloudsDes mots de pluie sur tes lèvres
Blessées.
Coupants comme les rasoirs
Qui lacèrent les amours
De rancoeurs accumulées,
De non-dits qui en  ont trop dit
Ou pas assez
Dans leur silence de sable…
Et moi, croyant me protéger,
J’ai roulé sous la vague,

Projetée contre contre les rochers
Sonnée de tant de hargne
Qui sert à piétiner
Ce que l’on a tant aimé.

C’est donc ainsi
Que finissent les amours ?
Le cri des hyènes
Dans l’air du soir
Rejoint la plainte des chiennes
Abandonnées.

Et moi, femme
Brisée mais encore debout
Parmi les ruines
Je n’implore ni Dieu
Ni personne, je sais déjà
Que seul l’écho du silence

Me répondra de sa voix muette…

©Asphodèle